La consommation modérée de cidre aurait un effet bénéfique sur la santé. C'est ce qu'affirme l'Inra de Rennes. Selon les chercheurs bretons, les polyphénols
contenus dans la pomme pourraient, au même titre que ceux contenus dans le raisin, protéger de certaines maladies.
Un médicament
à consommer
avec modération
Après le paradoxe français avec ses vins, foies gras, huile d'olives voici venu le temps du paradoxe breton avec son cidre. Une bonne nouvelle pour la gastronomie
bretonne, tant le beurre et la viande de porc n'ont guère bonne presse auprès du corps médical.
Les chercheurs supposent que les polyphénols du cidre ont les mêmes vertus bénéfiques que celles du vin sur les maladies cardio-vasculaires, de peau, les
cancers Car il s'agit dans les deux cas, de la même famille de molécules, présentes en même quantité. De plus, les pommes à cidre contiennent deux à cinq
fois plus de polyphénols que les pommes de table.
Malheureusement, contrairement au vin, le cidre n'a pour l'instant pas fait l'objet de recherches cliniques pouvant confirmer ces effets sur l'homme. Voilà
certainement une piste à explorer pour les industriels du cidre. Une confirmation scientifique serait une aubaine pour la profession qui a vu la consommation
de cidre décliner avant de remonter à la fin des années 1980.
La France consomme chaque année 110 millions de litres de cidre, fabriqués pour les trois quarts dans l'Ouest. La production française est assurée à 15%
par les artisans fermiers et à plus de 50% par CSR Pampryl (filiale de Pernod-Ricard). Une certitude tous les cidres ne pourront être bons pour la santé
qu'à une condition : qu'ils soient de bonne qualité....
Florence Chevalier
parc naturel de la mer d'Iroise
Le premier parc naturel marin de France a été créé en septembre 2007 en mer
d'Iroise, dans le Finistère.
Son défi: préserver ce territoire à la richesse écologique exceptionnelle
tout en y maintenant l'activité humaine.
Au large du Conquet Finistère, un point rouge et blanc scintille à
l'horizon, sur la mer d'Iroise.
Le Jessy Jo rentre au port dans un tourbillon d'écume blanche.
à la barre, Lionel Le Person, 37 ans, observe le va et vient des matelots
qui hissent les cordages sur le bastingage.
Face à la jetée balayée par un air vif et salé, le phare de la pointe de
Kermorvan surplombe le ballet coloré des chalutiers, qui, dans le sillage du
Jessy Jo regagnent le quai, l'un derrière l'autre, après avoir passé la nuit
en mer.
Pour ce solide gaillard, marin depuis l'âge de 14 ans, les comptes sont vite
faits.
Le turbot, la langouste et le tourteau ont quasiment disparu.
On pêche deux fois moins de lotte qu'il y a dix ans.
Si on n'intervient pas, on court à la catastrophe.
Le parc naturel marin d'Iroise va vraiment nous aider à préserver la
ressource, explique t'il.
Sur La Petite Sirène, un bateau de pêche, Jean-Luc Fornna 57 ans, ne
l'entend pas de cette oreille.
Ce parc, c'est une aberration tempête ce pêcheur à la retraite, fils et
arrière petit fils de marins.
Né dans les années 1990, après que les îles de Molène et d'Ouessant ont
obtenu le label réserves de biosphère de l'UNESCO, le projet du parc naturel
marin fait l'objet d'un bras de fer entre opposants et partisans.
Au Conquet, comme dans tous les ports du Finistère, il y a le camp des pour
et celui des contre.
Pourtant, ce parc est une nécessité absolue, lance avec fougue AnnaÏg
Huelvan, 35 ans, fondatrice en 2003 de l'assocociation pour la création du
parc marin d'Iroise.
Le week-end, j'emmène mes enfants observer les dauphins à Kermorvan.
Mais pour combien de temps encore. D'une superficie de 3550 kilomètres
carrés, le parc de la mer d'Iroise est le premier parc français totalement
marin en France.
Il s'étend du Nord de la petite commune de Porspoder au sud de Douarnenez,
et du littoral à la limite des eaux territoriales zone des 12 milles, soit
22 kilomètres.
Cela le différencie du parc national de Port-Cros, créé en 1963 en
méditerrannée: à la fois terrestre et marin, il occupe moins de 13
kilomètres carrés de mer.
Le parc breston recèle une faune et une flore exceptionnelles. Avec plus de
300 variétés répertoriées, il abrite le plus grand champ d'algues marines
d'Europe, 120 espèces de poissons et le quart de la population française de
mammifères marins.
Cette nature fragile doit composer avec une activité humaine de plus en plus
intense, 350 chalutiers, 10000 bateaux de plaisance, des navires de
commerce, des bâtiments de guerre et un million de touristes sillonnent
chaque année la mer d'Iroise.
L'essor anarchique du tourisme représente un danger pour notre
environnement, poursuit AnnaÏg Huelvan, son fils Malo dans les bras.
Le parc permettra de lutter contre la dégradation des eaux causée par les
pollutions et de sensibiliser le public.
Préserver, et valoriser, les ressources en poissons grâce à la mise en place
de labels ou de zones de cantonnement pour la reproduction des espèces,
assure t'elle.
Des arguments qui ne convainquent guère les opposants au parc, réunis depuis
2002 au sein de l'Advili association de défense et de valorisation des îles
et du littoral de la mer d'Iroise.
La 7ième porte, symbolisme et spiritualité d'un cloître
La 7ième porte, symbolisme et spiritualité d'un cloître
On croyait avoir tout dit et tout écrit sur le Mont-Saint-Michel et son abbaye. Mais le vieux monument n'avait pas encore livré tous ses secrets. C'est en tout cas la thèse de Jean-Charles Péguet qui, dans son ouvrage "La 7eme porte", se propose de révéler le véritable sens caché du cloître.
L'auteur (conférencier au Mont-Saint-Michel) propose une signification symbolique cohérente du jardin de pierre qui orne l'intérieur des galeries. Il prétend déchiffrer le message mystique inscrit dans la pierre depuis le XIIIe siècle. Un message à l'usage des religieux qui méditaient dans le silence des galeries et que nous avons quelque difficulté à comprendre aujourd'hui.
Jean-Charles Péguet nous livre là un ouvrage d'érudit et de passionné à emporter sur place pour tenter d'en saisir toute la complexité et (re)découvrir la portée spirituelle d'une authentique merveille de l'art religieux médiéval.
"La 7ème porte, symbolisme et spiritualité d'un cloître", de Jean-Charles Péguet. Editions Dervy, 400 pages et un guide en couleur, 30,20 euros.
Ivic
Faire de l'argent avec du vent
Le décollage de la filière éolienne prend forme en Bretagne. Le taux de rentabilité annuel d'un parc éolien avoisinant 15%, les gros investisseurs ont senti
le vent : plus de 200 projets industriels sont annoncés. Même si beaucoup ne dépasseront pas la déclaration d'intention, l'engouement est indéniable.
Les sociétés qui veulent faire de l'argent avec du vent sont liées à de grands groupes bancaires. Paribas est souvent sur les rangs. Shell et Total-Fina-Elf
sont impliqués dans des projets de grands parcs offshore, comme à Groix par exemple (un projet d'une quarantaine d'éoliennes pour une puissance maximale
de 100 mégawatts). On trouve aussi des sociétés danoises et allemandes en rupture de marchés dans leurs pays ou bien encore EDF qui se réveille après avoir
longtemps dénigré cette source d'énergie. Même la bourse serait en train de devenir "écolo". Les sociétés spécialisées dans les énergies renouvelables
ont en effet le vent en poupe : les investisseurs aiment les marchés à forte croissance et à rentabilité assurée, deux caractéristiques de ce type d'énergie.
Sur le terrain, les agriculteurs bretons se voient offrir des loyers de 1.500 € à 2.500 € par an et par aérogénérateur installé dans leur champ, tout en
conservant l'usage du sol entre les pylônes. Reste que le loyer et la taxe professionnelle s'avèrent les seules retombées locales. Et des associations
comme Avel Pen ar Bed (Finistère) militent pour que les acteurs locaux s'approprient les projets de fourniture d'énergie renouvelable.
Plusieurs pistes s'offrent aux ruraux dans le vent : s'assembler au niveau d'une commune ou d'un pays pour "se payer" collectivement un aérogénérateur dans
une ferme éolienne ou bien demander aux sociétés porteuses de projets d'ouvrir le capital des parcs éoliens aux petits porteurs locaux. Autre possibilité
: monter des projets de moyenne puissance qui demandent moins d'investissement, moins de délai administratif, mais présentent aussi un taux de rentabilité
moindre.
Source d'énergie écologique et rentable, l'éolienne ne fait pas que des heureux. Les riverains n'apprécient guère les nuisances visuelles et auditives "On
ne finit par ne voir que ça, cela devient obsessionnel", témoigne un habitant de Beuzec-Cap-Sizun. Et d'ajouter : "Quand je sors pour lire sur la terrasse,
je met un casque antibruit".
Dans le Finistère, plusieurs associations de défense réclament une véritable réglementation en matière d'installation d'éoliennes et proposent notamment
qu'une distance de 1.000 m des habitations soit imposées pour tout projet. Une charte est en préparation à la préfecture du Finistère. Elle servira à la
fois de guide de procédures et d'aide à la décision pour les pouvoirs publics avec un certain nombre de règles contraignantes. Voire des interdictions
pures et simples dans certains secteurs sensibles, à proximité de zones urbaines par exemple.
Christine Héric
Le niveau de la mer monte ...
13 centimètres par siècle : lentement mais sûrement le niveau de la mer monte. Les relevés réalisés à l’observatoire de marée de Brest, le plus ancien au
monde, le confirment.
Bien des incertitudes demeurent sur l’origine de ce phénomène. L'effet de serre, voilà le coupable ! A voir. Ce serait en effet conclure l'enquête trop
rapidement car le phénomène a débuté bien avant les rejets massifs de gaz carbonique dans l'atmosphère.
Est-ce d’ailleurs bien la mer qui monte ? Et si c’était la terre qui descendait ? Personne n’exclut cette hypothèse. Pour en avoir le coeur net, la station
marégraphique de Brest a été dotée d’un équipement géodésique précis qui mesure la variation de la hauteur du marégraphe par rapport au centre de la Terre.
Mais il faudra attendre une dizaine d'années pour analyser les données qui permettront peut-être d'étayer cette hypothèse.
Une certitude : l'effet de serre a contribué sérieusement à la montée du niveau de la mer en cette fin de siècle. Reste à savoir s'il va sérieusement amplifier
le mouvement. Selon les scientifiques, l'émission de gaz carbonique pourrait contribuer à augmenter le niveau d'une dizaine de centimètres au cours du
siècle prochain.
Quelles conséquences pour la Bretagne ? Probablement une érosion accrue du système dunaire et des risques d’inondations plus nombreux en période de grande
marée associée à de fortes précipitations.
Yves Thétiot