Yann Ar Dall : Page des Calfats ...

Les Calfats

Probablement originaire du Havre, la chanson fait partie du registre des chansons des ports, souvent transcrites dans les cahiers de chants des matelots.
Ce sont des complaintes décrivant la vie du port et les métiers des "margats" (ceux qui travaillent à terre).

Les calfats étaient des ouvriers marins qui calfataient les navires (action de les rendre étanches).
L'embarcation était tirée en cale sèche sur les "ras" (ancien nom pour désigner les rails).
Puis le travail consistait à introduire du chanvre torsadé entre deux planches de bordée ou de pont.
Du goudron était ensuite fondu dans une "pigouillère" (chaudron) et servait à recouvrir le joint.
Lorsque le bois se dilatait, la torsade écrasée rendait les membrures vvnavire étanches.
Par la suite, le bois étant progressivement remplacé par la tôle, le métier tendit à disparaître.

Calfater est une déformation du verbe "calfeutrer".
Ce terme signifie "rendre étanche".

Quand les bateaux étaient en bois, la calfatage consistait à introduire une torsade d'étoupe entre deux planches de bordée ou du pont, à l'aide d'un fer
plat sur lequel on tapait avec un maillet.
L'étoupe est une composante fibreuse produite lors du travail des fibres textiles, notamment du chanvre et du lin.
Puis on recouvrait ce joint avec une couche de goudron fondu.

Les calfats faisaient fondre le goudron dans un chaudron appelé "pigouillère".
Lorsque le bois de bordée se dilatait, sous l'action de l'humidité, la torsade d'étoupe était écrasée et le joint devenait d'une étanchéité parfaite.

Le calfatage d'un navire était une opération longue et délicate, car il fallait procéder ainsi planche par planche sur toute la coque.
Un travail pénible, car selon l'accessibilité, le calfat travaillait souvent dans des positions très inconfortables.

Le métier a presque entièrement disparu aujourd'hui, mais il subsiste des calfats grâce aux quelques bateaux en bois qui sont encore construits selon la
méthode traditionnelle.

Un "margat" y est un travailleur à terre dans les ports.
Dans la bouche d'un marin, c'est plutôt péjoratif...
Le mot "ras" est un déformation des "rails" sur lesquels glissaient les navires en cale sèche.